«Tenir compte de l’évolution des métiers de la banque»

Monsieur Steichen, l’Aleba a réalisé entre mai et juin une enquête d’opinion intitulée «Contribute to your future». En quoi consistait ce sondage?

«D’ici quelques mois, l’actuelle convention collective de travail des salariés de banque 2014-2016 arrivera à terme, et il faudra entamer avec l’ABBL les discussions pour la mise en en place d’un nouveau contrat collectif.

C’est dans ce contexte que l’Aleba a mené, du 9 mai au 17 juin, une enquête d’opinion inédite via notre site web. Les salariés du secteur bancaire pouvaient formuler leurs revendications et émettre leurs avis tant sur le volet financier que sur le volet social de cette convention collective de travail et suggérer des améliorations à d’autres niveaux. Le but de cette enquête était de recueillir les feed-back du terrain, et de disposer de revendications qui correspondent vraiment à la réalité et aux attentes des salariés du secteur.

Et puis, ce qui nous tient également à cœur, c’est de nous assurer que les contributions des salariés soient toujours en ligne avec les revendications de l’Aleba et, heureusement, c’est le cas!

Quels sont les principaux enseignements que l’Aleba a tirés de cette enquête d’opinion?

«Ce qui ressort clairement et très souvent de l’enquête, c’est que le contrat collectif doit être davantage en ligne avec la réalité des activités bancaires, mais aussi et surtout des besoins nouveaux des salariés. Nous avons noté de légitimes frustrations dans les réponses: des salariés sont perdus dans une convention collective qui comporte trop de zones grises et qu’ils ne comprennent plus.

Concrètement, les listes de fonctions et les job descriptions, ou les groupes, doivent, par exemple, être fondamentalement revus. Il faut tenir compte de l’évolution des métiers et de la complexité des tâches! Il ne peut plus être question qu’une fonction de ‘dactylo’ continue à exister dans la convention. Ou d’un métier de ‘manipulateur de titre’, alors que cette activité est presque complètement dématérialisée. Nous sommes d’avis qu’il faut revoir et repenser certains éléments pour aller vers une CCT plus moderne.

Nous avons également reçu beaucoup de demandes visant à repenser le volet social. Exemple concret: augmenter les jours de congés pour raisons familiales par exemple, soit lorsque votre enfant ou un parent est malade. Actuellement, deux jours par an et par enfant sont octroyés à chaque salarié par le code du travail. C’est clairement insuffisant, surtout pour un enfant en bas âge.

Ces résultats vont-ils entraîner de nouvelles revendications – ou des revendications particulières – dans le cadre du renouvellement de la convention collectives des employés de banque qui doit intervenir l’an prochain?

«Une large partie des contributions va directement aller alimenter et enrichir le cahier de revendications sur lequel nous avions déjà travaillé, car du terrain remontent des choses qui font beaucoup de sens et que l’Aleba ne peut ni ne veut négliger.

Je voudrais encore ajouter que nous allons également attacher une grande importance aux jeunes salariés: il faut que la nouvelle CCT soit attrayante d’un point de vue financier, ainsi que d’un point de vue de reconnaissance des diplômes. L’objectif est de les fidéliser et leur donner une perspective de carrière professionnelle.

Enfin, une revendication plus particulière pour laquelle l’Aleba va se battre est l’intégration de la prévention du burn-out dans la nouvelle CCT. Pour l’instant je ne veux pas aller plus loin et en dire plus, afin de garder la primeur pour les autres organisations syndicales et l’ABBL.

En revanche, je peux vous assurer que l’Aleba, premier syndicat du secteur financier, veut signer un nouveau contrat collectif innovant avec un accent particulier sur les volets sociaux de même que sur les mesures visant le maintien de et dans l’emploi.»

Article paru sur paperjam.lu, le 17 juillet 2016.