Secteur financier : face au risque sanitaire l’ALEBA demande la prolongation du télétravail jusqu’au 1er septembre 2020 !

Fin mai l’ALEBA fustigeait l’accord amiable entre les autorités luxembourgeoises et belges du 19 mai 2020, précisant le traitement fiscal des travailleurs frontaliers dans le contexte de la crise du Covid-19. « Pour nous cet accord était déconnecté de la réalité, puisqu’il organisait la reconduction du télétravail à partir du 1er juillet seulement une semaine à l’avance, ce qui ne laissait ni aux salariés ni aux entreprises de temps pour s’organiser correctement » rappelle Roberto Mendolia, Président de l’ALEBA.

Alors que dans le secteur financier le déconfinement est amorcé depuis début juin, par « vagues » dans les entreprises, l’ALEBA tire aujourd’hui le signal d’alarme sur la possible fin subite du gel des jours de télétravail pour les salariés résidents belges, au 30 juin. « Les frontaliers belges constituent une part importante de la main d’œuvre dans le secteur financier. Dans certaines entreprises, ils représentent jusqu’à la moitié du staff !  Si le télétravail ne peut être poursuivi et que ces frontaliers reviennent tous le 1er juillet, il sera impossible pour les entreprises de les accueillir dans les conditions sanitaires requises. » explique Laurent Mertz, Secrétaire Général de l’ALEBA. « Les entreprises devraient donc choisir de les renvoyer travailler à la maison, avec les impacts fiscaux, voire sociaux, que cela pourrait rapidement avoir pour eux, selon le nombre de jours qui seront alors prestés depuis le domicile. Ou, pire, de renvoyer à domicile les salariés résidents, pour lesquels il n’y a pas de limite dans le télétravail, ce qui serait complètement ubuesque ! ».

Pour l’ALEBA, avec les règles sanitaires qui doivent s’appliquer en entreprise, dont la distanciation sociale, la suppression d’un bureau sur deux, etc, les employeurs ne prendront en effet pas de risque, ni pour leurs salariés, ni pour eux-mêmes, et n’accueilleront pas les salariés sur site, préférant leur demander de continuer de travailler depuis leur domicile, mais sans plus de gel fiscal des jours de télétravail !

« Ce serait une situation inédite, mais elle est vraiment possible. Pour éviter cette cacophonie, nous demandons au Gouvernement luxembourgeois de reprendre contact avec les autorités belges pour formaliser une prolongation du télétravail jusqu’au 1er septembre. D’ici là, la situation sanitaire aura évolué, la période de congés aura permis aux entreprises de s’organiser et un retour graduel aura pu être réalisé. Evidemment il devra en être de même vis-à-vis des frontaliers français et allemands, qui sont également présents massivement dans le secteur financier, où le télétravail à grande échelle a clairement fait ses preuves. » indique Roberto Mendolia.

Le télétravail actuel ne peut évidemment être continué tel quel indéfiniment, sans aménagement formel et profond de son cadre général, mais pour l’ALEBA sa fin doit faire l’objet de davantage de concertation, au niveau national et avec les autorités des pays frontaliers.

De manière générale l’ALEBA rappelle également qu’elle plaide depuis de nombreuses années pour un élargissement du télétravail (c’est-à-dire pour les salariés non-résidents belges, français et allemands, une augmentation du nombre de jours autorisés de télétravail, sans impact fiscal), considérant notamment que cette nouvelle employabilité soutient le mieux-être au travail, et constitue une solution efficace pour répondre à d’autres enjeux, liés à la mobilité ou à l’environnement par exemple.

L’ALEBA demande néanmoins la définition d’un cadre clair, et la création de droits dont celui à la déconnexion. « Nous pensons également que le nombre de jours de télétravail doit rester impérativement limité : le risque est grand que ce qui se fait aujourd’hui depuis Arlon ou Thionville soit demain outsourcé et déplacé bien plus loin… La limite des 25% du temps de travail est probablement suffisante. » conclut Laurent Mertz.

 

Communiqué de presse, 9 juin 2020.