Réception du Nouvel An- Discours de Roberto Scolati, président de l’ALEBA

L’ALEBA a organisé ce 8 janvier, au Parc Hotel Belle-Vue, sa traditionnelle réception de Nouvel An, à destination de son personnel et de ses plus de 700 délégués des banques et des assurances.

Dans le contexte de la tragédie qui a endeuillé Paris et la rédaction du journal Charlie Hebdo,
et parce que la liberté d’expression fait aussi partie des valeurs syndicales défendues par l’ALEBA,
notre Président Roberto Scolati a symboliquement choisi de ne s’exprimer que très brièvement, renvoyant,
après une minute de silence en mémoire aux victimes, la nombreuse assemblée vers le site internet de l’ALEBA

pour prendre connaissance de l’intégralité du discours qu’il avait initialement prévu de prononcer, et que vous pouvez retrouver ci-dessous.
Mes chèr(e)s collègues,

Au nom de l’ALEBA, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2015. En regardant dans le rétroviseur, on se rend compte que 2014 a été une année riche en événements.
Le premier qui me vient à l’esprit concerne notre secteur. Il s’agit de la signature de la Convention collective de travail des employés de banque. Le texte, négocié en mai et signé par mon prédécesseur, assure l’existence des acquis sociaux pour lesquels nous nous battons depuis de très nombreuses années. Je peux vous l’assurer, nous continuerons à le faire.
En parlant de Conventions collectives, nous pouvons également citer celle des Assurances. étant arrivée à échéance fin 2014, nous sommes en train de négocier le nouveau texte. Nous sommes confiants car nous savons que notre équipe met tout son talent, sa force et son énergie afin que les acquis sociaux de nos collègues soient préservés dans un secteur qui se porte bien. En effet, les primes d’assurance ont augmenté de 30,74% par rapport au 4e semestre 2013. Autant d’argent qui peut servir aux salariés.

Chez Cetrel, les négociations de la nouvelle Convention collective sont à la traîne. Plusieurs réunions programmées ont été annulées par la Direction. Néanmoins,  nous espérons réussir à trouver un accord favorable aux salariés à l’issue des négociations.

Des combats, nous y sommes. Nous soutenons aussi des initiatives. Vous vous souvenez peut-être de la manifestation des étudiants contre la réforme du système des bourses d’études. Nous étions aux côtés de ceux qui se battent contre un système que nous jugeons socialement injuste, discriminatoire et déplacé. Je le rappelle ici, l’éducation de nos enfants ne doit pas être bradée. De notre côté, le 17 juin, le ministre de l’Enseignement supérieur Claude Meisch a assuré que les 142 recours gracieux déposés par l’ALEBA pour l’année scolaire 2012-2013 allaient être régularisés. C’est chose faite. C’est pour nous une grande victoire, et à cette occasion, je souhaite remercier tous les intervenants pour leur implication dans ce dossier.

Vous le savez, depuis octobre 2014, l’ALEBA est rentrée dans une nouvelle ère. Une nouvelle équipe a été élue lors de l’Assemblée des Délégués. Je suis fier de diriger un Comité Exécutif réunissant l’expérience et la jeunesse. Chaque membre apporte sa motivation, son énergie et ses idées. Tous ces ingrédients feront avancer l’ALEBA à pas de géant. Ensemble, nous écrivons une nouvelle page dans l’histoire, déjà longue de notre syndicat.

Dans mon discours d’investiture, j’annonçais la création de quatre groupes de travail : «frontaliers», «finances», «communication» et «organisation». Leurs travaux ont déjà commencé. Je peux vous affirmer aujourd’hui qu’ils avancent bien. Ce travail collectif sert non seulement à l’ALEBA mais aussi à nos 14.000 membres.

D’après la Banque Centrale du Luxembourg, on compte 26.055 salariés travaillant dans 148 établissements de crédit. Depuis 2008, notre Place financière a subi de nombreux plans sociaux. L’année 2014 n’a pas dérogé à la règle avec un plan à la banque LB Lux et un autre chez HSBC Securities Services. Au total, près de 2800 personnes ont perdu leur emploi depuis le début de la crise. Nous avons été à leurs côtés dans ces moments difficiles. Nous le resterons quoi qu’il arrive car les maisons mères ne se gêneront pas, elles continueront à fermer leurs succursales. Certains salariés ont retrouvé un emploi dans le secteur des PSF, des fonds et du secteur connexe. Encore une fois, nous défendrons leurs intérêts comme nous le faisons pour nos collègues du secteur des Banques et des Assurances.
Je vous rassure, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles dans notre secteur. L’un de nos délégués du personnel a été réintégré après avoir été licencié. La jurisprudence consacre la protection contre le licenciement du délégué du personnel et cela même en cas de transfert du délégué dans une autre entreprise. Nous sommes heureux de constater que la loi a été respectée.

Au début de ce discours, je vous disais que 2014 a été riche en événements. Il en est un que nous avons particulièrement observé cet automne. C’est le budget 2015.

Le Gouvernement a présenté un paquet de mesures qui ne nous a pas satisfaits. Heureusement nous syndicat, défenseur des droits avons su faire entendre raison au Gouvernement lors des bipartites. Nous nous réjouissons du fait que les mesures temporaires en matière d’indemnités de chômage et les mesures concernant le chômage partiel soient maintenues un an de plus. Le fait que le contrat de travail sera maintenu en cas de maladie prolongée avec des perspectives de réintégration de l’ancien poste est une victoire pour ceux et celles qui souffrent d’une maladie longue.
Néanmoins, nous tempérons notre enthousiasme. Une augmentation des taux de TVA censée compenser la perte de la TVA sur le commerce électronique n’est certainement pas une bonne solution pour les ménages. Cette hausse pèsera sur leurs épaules déjà bien chargées. La taxe de 0,5% finançant l’avenir de nos enfants, s’est transformée au mois de décembre en impôt «d’équilibrage budgétaire temporaire» prélevé sur les salaires à partir de janvier 2015 jusqu’en 2017. Heureusement, les personnes touchant le salaire social minimum seront exemptées.

Une fois de plus, vous le constatez comme moi,  ce sont les salariés qui payent l’addition. Et le patronat se plaint qu’on lui chante toujours les mêmes berceuses depuis des années. Il affirme haut et fort que notre système de pension est loin d’être solidement financé. C’est faux. Et d’ailleurs, les salariés participent plus au financement de la Sécurité sociale que les entreprises. En 2012, les recettes et les dépenses courantes représentent respectivement 25,6% et 22,5% du PIB pour un solde global qui s’établit à 3,0% du PIB. Ce n’est pas moi qui le dit mais l’Inspection générale de la Sécurité Sociale de 2012. En 2013, le montant global des pensions brutes s’élevaient à 3,4 milliards d’euros. Oui chèr(e)s collègues, il y a de l’argent au Luxembourg !

L’actualité réserve parfois des surprises. Une de taille s’est présentée à nous il y a quelques semaines. Dans cette affaire «Luxleaks», notre pays a été éclaboussé. Nous avons été montrés du doigt parce que certaines sociétés de conseil ont favorisé l’optimisation fiscale de certains grands groupes internationaux. La pratique du «tax ruling» n’est pas contraire aux règles européennes ni à celles de l’OCDE. Elle existe dans beaucoup de pays dans le monde. Le Luxembourg n’est pas un paradis fiscal.  Mais il est toujours plus facile de désigner un petit pays plutôt qu’un autre.

Je terminerai ce discours en réaffirmant que l’ALEBA, plus que jamais, continuera à surveiller de très près les agissements des acteurs de la vie politique et sociale. Nous n’hésiterons pas à critiquer toute mesure allant à l’encontre de l’intérêt des salariés. Nous resterons plus que jamais vigilants.
Merci ! Et encore une fois, excellente année à tous.