Prise de position sur le discours de l’état de la Nation 2014

Mercredi 2 avril 2014, le Premier ministre Xavier Bettel a fait le point sur la situation économique et sociale du pays. Il s’agissait d’un discours très prudent. Ceux qui attendaient des annonces concrètes ont été déçus. Cela n’est pas nouveau.
Le problème du chômage élevé peut être réglé par une éducation adaptée au marché du travail

Pour lutter contre le chômage de masse, le Premier ministre propose d’entamer une coopération étroite entre l’état, les communes, les écoles et l’ADEM. Une bonne initiative. La question se pose de savoir si cela sera suffisant pour faire baisser le taux de chômage des moins de 25 ans qui avoisine actuellement les 20%.
Seule une formation scolaire de haute qualité en adéquation avec la réalité du marché du travail permettra aux jeunes diplômés de mieux réussir leur entrée dans la vie active.

Pour cela il faut :

–    Un programme scolaire solide
–    Des enseignants disponibles pour leurs élèves
–    Plusieurs stages qui permettent aux jeunes d’avoir une première expérience de la vie en entreprise
Ces trois conditions remplies feront que les jeunes diplômés ayant un bagage théorique et des premières expériences seront autant d’atout pour l’économie luxembourgeoise. Ils seront également une plus-value dans une place financière en pleine mutation.

Une Place financière en pleine transformation

Notre Place financière subit d’énormes transformations suite aux pressions internationales (échange automatique des données, FATCA etc.). En vue d’y faire face, il est impératif pour elle de disposer de salariés bien formés.
Il faut relancer son expansion. L’ALEBA attend du Gouvernement qu’il propose des mesures fortes qui redonnent de l’élan à ce pilier incontestable de l’économie luxembourgeoise.
Nous devons à tout prix préserver les acquis de compétence du personnel en place et continuer à faire des efforts dans la formation. Un salarié bien formé tout au long de sa vie professionnelle aura plus de chance d’évoluer et par conséquent d’obtenir de meilleures perspectives de travail.

Une hausse de la TVA utile ?

«Nous ne pouvons pas passer à côté d’une hausse de la TVA. Pourtant l’épée de Damoclès, que constitue la suppression de la taxe sur le commerce électronique, pèse depuis huit ans au-dessus de la tête du gouvernement» a déclaré Xavier Bettel lors de son discours.
En 2013, le Gouvernement Juncker parlait déjà de cette hausse. L’actuel Premier ministre s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Selon lui, la hausse rapportera 350 millions d’euros à l’état. Cette somme couvrira presque la moitié de la perte de la TVA sur le commerce électronique estimée à 800 millions d’euros. On ignore aujourd’hui si la perte continuera à être couverte dans les prochaines années.
Sur ce sujet, l’ALEBA tient à rappeler que l’effet de cette augmentation reste neutre pour les entreprises. La hausse se traduira par contre par une nouvelle attaque unilatérale au portefeuille des salariés. Elle diminuera encore davantage leur pouvoir d’achat. L’ALEBA plaide en faveur d’une réforme profonde du système fiscal permettant de mieux répartir la charge fiscale. Il est injuste de continuer à pénaliser les seuls salariés au profit des épaules larges, que sont les entreprises.

Un index préservé ?

Le Premier ministre propose de se retrouver autour d’une table entre partenaires sociaux afin de «trouver un accord pour ne pas toucher à l’index mais pour pouvoir le moduler en cas de problème». Cette annonce vague ne précise pas la direction vers laquelle le Gouvernement veut aller sur ce sujet.

L’ALEBA demande que le système intégral d’indexation soit réactivé. Il faut à tout prix préserver ce système qui garantit la paix sociale dans notre pays. Nous soutenons fermement l’idée que la compensation automatique de la perte du pouvoir d’achat est un atout essentiel pour notre économie.

L’ALEBA restera vigilante aux faits et gestes du gouvernement libéral-socialiste-vert. Elle attend de lui des actions concrètes surtout dans le cadre d’un renouement avec les traditions que les salariés sont en droit d’attendre d’un état social.

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