L’ALEBA veille sur la Place

Les thèmes et les critiques n’ont pas manqué dans le discours de celui qui dirige le premier syndicat de la place financière.

Pour son deuxième discours de président, Roberto Scolati a préféré le Melusina au Centre Convict. Dans la droite lignée des discours de son prédécesseur Marc Glesener, il n’a pas manqué de revenir sur les temps forts qui ont marqué l’année passée dans le secteur financier et de lancer des piques.

En 2015, la Place a connu plusieurs plans, dont celui chez NPG Wealth Management et plus récemment celui chez Leumi Bank, juste avant les fêtes de Noël. « Mais l’ALEBA s’oppose formellement aux faux plans sociaux ou fausses conventions d’entreprise, et soutient les vraies conventions garantissant le maintien dans l’emploi », a martelé Roberto Scolati. Certaines entreprises, par soucis d’économie, préfèrent proposer une convention d’entreprise (NDLR  : une convention qui se base sur les éléments du plan social sans tout reprendre) plutôt que de s’engager dans la négociation d’un plan social. Autre sujet de préoccupation pour l’ALEBA, la sortie des salariés d’une structure protégée par une convention collective de travail vers un environnement où le contrat social n’existe pas (comme par exemple les professionnels du secteur financier ou les professionnels du secteur des assurances). « Nous allons plaider pour la mise en place de conventions collectives dans de telles structures», a-t-il insisté.

Une reconnaissance du burn-out demandée

Au sujet de la convention collective des assurances, Roberto Scolati a exigé que « celle-ci soit applicable à tout le secteur, et non seulement aux membres de l’ACA ». En d’autres termes, l’ALEBA souhaite que le contrat qui protège les salariés soit étendu aux courtiers d’assurance ainsi qu’aux réassureurs qui ne font pas partie de l’Association des compagnies d’assurance du Grand-Duché (ACA). Outre une dénonciation des « prises de dividendes démesurées des actionnaires et le fait qu’il ne reste plus que des miettes pour les salariés», le président a abordé la question du «burn-out», appelé pudiquement «épuisement professionnel» par les RH et la médecine du travail. Il a affirmé que l’ALEBA tentera de «faire reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle ». Comme c’est le cas en Belgique et en France. En septembre 2016, la convention collective des banques sera dénoncée. Roberto Scolati a lancé un appel aux délégués du syndicat afin qu’ils soumettent leurs préoccupations, qui serviront à constituer le cahier de revendications.

 

Par Aude Forestier

Le Quotidien, le 15 janvier 2016