L’Aleba s’oppose aux «faux» plans sociaux

Le syndicat plaide pour la reconnaissance du burnout comme maladie professionnelle

L’Aleba a fait savoir avec véhémence jeudi soir qu’il n’était pas question pour le premier syndicat de la place financière de tolérer «les faux plans sociaux ou fausses conventions collectives». «Nous soutenons les vraies conventions garantissant le maintien dans l’emploi» a martelé son président, Roberto Scolati, qui a eu à négocier plusieurs plans sociaux en 2015, dont celui chez NPG Wealth Management et Leumi Bank tout juste avant Noël.

Le mouvement de consolidation est loin d’être terminé sur la place financière, cette vague concernant avant tout de petites structures souvent incapables d’absorber les coûts qui ont explosé au cours des dernières années. Aussi, depuis la crise financière de 2008, beaucoup d’emplois bancaires ont été rayés de la carte. Si un certain nombre d’entre eux ont pu être récupérés dans l’industrie des professionnels du secteur financier (PSF) et des professionnels du secteur des assurances (PSA), cela ne se passe pas sans problème. «Nous nous opposons à ce que, suite à des décisions structurelles, des salariés soient sortis d’une structure qui est protégée par une convention collective pour être ensuite dirigés vers des PSF, PSA ou autres structures qui ne disposent pas de convention collective», a ainsi déclaré le président à l’occasion de la présentation de ses voeux aux membres du syndicat. L’Aleba va donc plaider tout au long des prochains mois pour la mise en place de conventions collectives pour les PSF et les PSA.

Il exige aussi que la convention collective du secteur des assurances soit applicable à tout le secteur, et non seulement aux membres de l’Association des compagnies d’assurances et de réassurances (ACA).

L’autre dossier brûlant à venir concerne la convention collective des banques qui arrive à échéance cette année. Si les négociations ne démarreront qu’à l’automne, Roberto Scolati a d’ores et déjà prévenu que, cette fois-ci, il n’accepterait pas une croissance zéro des salaires. D’autant que «les résultats financiers des banques et compagnies d’assurance sont bons, comme le démontrent leurs bilans». Le président en a profité pour dénoncer à nouveau «les prises de dividendes démesurées des actionnaires» et le fait qu’«il ne reste plus que des miettes pour les salariés». Pour préparer le terrain en vue des prochaines négociations, le syndicat a d’ailleurs lancé un appel auprès de ses délégués dans les banques, afin qu’ils soumettent leurs préoccupations «ce qui nous permettra de préparer un catalogue de revendications».

Burnout: «Qu’est-ce qu’on attend pour agir?»

Autre sujet de préoccupation pour l’Aleba: de plus en plus de salariés du secteur financier sont la proie du burnout, ce syndrome d’épuisement professionnel, qu’il ne convient plus de prendre à la légère. Le syndicat plaide pour une reconnaissance en tant que maladie professionnelle, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens. «De plus en plus de burnout sont identifiés. Mais nos RH refusent d’utiliser ce mot. Pour eux, ainsi que pour la médecine du travail, on parle d’épuisement professionnel. Ce terme semble leur faire moins peur. Mais qu’est-ce qu’on attend pour agir», a lancé M. Scolati qui promet que l’Aleba va être très attentive à la santé des salariés cette année.

 

PAR NADIA DI PILLO

Luxemburger Wort vom Samstag, 16. Januar 2016, Seite 25