L’ALEBA face aux nouvelles mesures antisociales du gouvernement

L’ALEBA rejette les mesures gouvernementales adoptées lors du Conseil de gouvernement du 16 décembre 2011 pour les raisons suivantes :

Nouvelle manipulation de l’indexation automatique des salaires!

Grâce à cette nouvelle manipulation de l’index, le salariat perdra (et le patronat économisera) pour les années 2012 à 2014 au total 675 millions d’euros (225 millions par an).
Les pertes de salaires pourront aller jusqu’à plus de 60% d’un salaire mensuel et il y a le risque de l’annulation définitive d’au-moins une tranche indiciaire complète!

D’autre part, le retour à l’index automatique ne se trouve pas garanti au-delà de 2014.

•    L’index étant un mécanisme de maintien du pouvoir d’achat garantissant la paix sociale, l’ALEBA rejette cette nouvelle manipulation de l’index alors qu’elle risque en plus d’aboutir à l’abolition pure et simple de l’adaptation des salaires à l’inflation.
•    L’ALEBA exige le retour inconditionnel et immédiat à l’indexation automatique et intégrale des salaires et des pensions.
•    L’index n’étant pas un instrument de politique écologique ni de santé, l’ALEBA s’oppose en outre à tout changement du panier des produits, servant au calcul de l’indexation, au détriment des salariés et sous prétexte de considérations de santé (alcool et tabac) ou d’écologie (produits pétroliers).
•    L’ALEBA exige par contre une actualisation dudit panier en tenant compte du véritable poids de certains types de dépenses (e.a. logement, transport, frais de santé, …).

Aucun véritable contrôle des prix administrés!

Suite à la flambée des prix administrés constatée au cours des dernières années, l’ALEBA remet en question la « poursuite » d’une politique prudente en la matière affichée par le gouvernement.

•    L’ALEBA rappelle l’échec cuisant du « plan d’action contre l’inflation excessive » décidé lors de la tripartite en 2006.
•    L’ALEBA a de sérieux doutes quant à la volonté du gouvernement de combattre véritablement et efficacement l’inflation au Luxembourg.
•    L’ALEBA exige un contrôle efficace des prix.

Une réforme de réduction des pensions!

Travailler plus longtemps ou toucher une pension réduite, c’est en quelques mots la philosophie de la réforme des pensions.

•    Selon l’ALEBA, la plupart des salariés n’auront pas la possibilité de travailler plus longtemps et vont donc subir une réduction inacceptable de leur pension.
•    Selon l’ALEBA, la réforme des pensions provoquera une augmentation inacceptable du chômage, notamment des jeunes et augmentera en plus la pauvreté des personnes âgées.
•    Selon l’ALEBA, la croissance de la productivité permettra aussi dans le futur de payer un nombre croissant de pensions sans réduction de montants.
•    L’ALEBA exige que les gains de productivité soient équitablement répartis. Ils pourraient alors servir aussi à financer les futures pensions.

Nouvelle dégradation au niveau du droit du travail!

 

Le gouvernement est déterminé à flexibiliser le droit du travail et faciliter le recours au CDD (contrat de travail à durée déterminée).

•    L’ALEBA rejette toute flexibilité du droit du travail au détriment des acquis sociaux des salariés.
•    L’ALEBA n’accepte pas un accès plus facile au CDD qui précarise la durée des relations de travail des salariés.
•    L’ALEBA met en garde que le champ d’application de cette mesure pourrait être élargi, à un moment donné, à tous les salariés, même si le gouvernement prétend, pour l’instant, ne viser que les « revenus »  élevés.
•    Face à l’augmentation substantielle des relations de travail atypiques (CDD, temps partiel, intérims, …) ces dernières années, l’ALEBA n’est nullement rassurée par l’affirmation du gouvernement que « le CDI devrait rester la relation contractuelle normale ».

Nouvelle dégradation au niveau de la durée de travail!

Suite aux revendications de certains secteurs économiques, le gouvernement envisage d’augmenter la durée de travail.

•    L’ALEBA se prononce contre toute forme de dégradation au niveau de la durée de travail, peu importe le ou les secteurs visés en premier lieu.

•    L’ALEBA craint que cette mesure, appliquée dans un ou plusieurs secteurs de l’économie, risque rapidement d’être étendue à d’autres secteurs non encore visés à l’heure actuelle.

L’ALEBA ne peut pas non plus aviser favorablement l’introduction de certaines mesures du fait qu’elles sont insignifiantes par rapport aux pertes encourues par les salariés par l’introduction des mesures ci-avant.

Communiqué par l’ALEBA le 16 janvier 2012

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