«L’Aleba a son mot à dire sur la réforme fiscale»

L’Aleba entend se faire entendre sur la future réforme fiscale

À l’occasion de la présentation des vœux 2016 de l’Aleba, le président du syndicat, Roberto Scolati, fait part de sa vision des changements en cours et de ceux qui attendent la Place dans les prochains mois. Interview.

Le discours que vous allez prononcer ce jeudi soir sera-t-il teinté d’optimisme, à l’image des résultats de la Place en 2015, ou est-ce que la tonalité sera beaucoup plus mitigée?

«Nous allons faire, comme d’habitude, la rétrospective de l’année écoulée mais aussi faire une extrapolation de ce que nous souhaitons voir améliorer pour les salariés de la Place. Ce ne sera donc pas très optimiste, mais pas très négatif non plus… Au niveau de la Place, nous sommes relativement bien positionnés, et ce malgré la disparition du secret bancaire qui avait généré quelques craintes. Mais comme la plupart des banques s’étaient vraiment bien préparées, l’impact n’a pas été aussi grave que ce nous avions pensé. Maintenant, il y a des opportunités à saisir et donc là, nous essaierons de voir avec les employeurs pour qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils garantissent l’employabilité des salariés.

Justement, selon vous, les acteurs du secteur financier en ont-ils terminé avec la phase de restructuration liée notamment au repositionnement vers la gestion de fortune de très riches clients?

«D’après nous, cela va encore continuer via la fermeture de plus petites structures ou leur intégration dans d’autres. Cela se poursuit, toutefois pas avec la même ampleur que ce que nous avons connu l’année dernière avec les différents plans sociaux, mais ce n’est pas encore tout à fait terminé. Jusque quand cela va encore durer est très difficile à dire, tout dépend notamment des réglementations qui vont suivre ou l’arrivée des fintech qui vont créer pas mal d’opportunités.

En cette période de vœux, avez-vous une requête spécifique à effectuer auprès du gouvernement, notamment dans le cadre de la future réforme fiscale?

«Nous aimerions savoir dans quelle direction s’oriente le texte, même si le Premier ministre a annoncé que les détails seraient annoncés le 26 avril au plus tard, date du discours sur l’état de la Nation. Maintenant, et c’est ce que plusieurs autres syndicats veulent savoir, c’est si des contacts avec les organisations syndicales auront lieu ou non sur ce sujet. Si tel n’était pas le cas, ils vont faire leur petite soupe dans leur coin sans avoir pris le temps de se concerter avec les syndicats. Ce qui est certain en tout cas, c’est que l’Aleba n’a pas été contacté alors qu’il est clair que nous avons notre mot à dire dans cette réforme. Tout comme le fait que ces dernières années, nous avons toujours été mis de côté.»

 

Par Jean-Michel Hennebert

Paperjam.lu, 14.01.2016