L’agence bancaire vivra

La Société générale a annoncé, fin septembre, la fermeture de 20 % de ses agences en France d’ici à 2020. Qu’en est-il au Luxembourg, pays de la banque en ligne?

Les banques luxembourgeoises interrogées par Le Quotidien ne semblent pas vouloir fermer leurs agences. La banque en ligne est de nos jours un complément.

Depuis quelques années, le rapport entre le client et sa banque a changé. Qui, aujourd’hui, se rend encore dans son agence pour effectuer un virement ou pour consulter le solde de son compte courant? À vrai dire, plus grand monde. Grâce aux sites internet des banques et leurs applications, effectuer de simples opérations bancaires est devenu un jeu d’enfant. En deux, trois mouvements sur l’écran de l’ordiphone ou quelques clics de souris, un virement arrive  directement sur le compte d’un tiers. Ces changements d’habitude ont un impact sur la manière dont certains métiers bancaires sont exercés.

En France par exemple, la Société générale pourrait fermer 400 de ses 2 221 agences d’ici à l’an 2020. L’information, tombée dans la presse française fin septembre, avait fait l’effet d’une bombe. Le nombre d’agences devant baisser leur rideau représente 20 % du réseau de la banque au logo rouge et noir dans l’Hexagone. Le but de cette décision serait non seulement de réduire les coûts, mais aussi de s’adapter au rapport que les Français ont avec leur banque. Il semble que nos voisins passent de plus en plus par les sites web pour effectuer des opérations plutôt que de se rendre dans une agence. À savoir aussi que la France compte, selon la Banque centrale européenne (BCE), 37 623 agences bancaires en 2014.

Et au Luxembourg, pays de la banque en ligne et du token, qu’en est-il? Au regard des réponses fournies par les établissements bancaires contactés par Le Quotidien, la fermeture d’agences n’est pas au programme. Romain Girst, directeur de la banque de détail BGL BNP Paribas, affirme que la banque a décidé
«d’investir massivement» dans le réseau d’agences, «grâce au projet de modernisation du réseau qui est en cours depuis 2012». En outre, depuis 2013, le nombre d’agences est passé de 38 à 41, avec l’ouverture de nouvelles structures «à Belval, Merl-Jardins du Luxembourg et à Pétange». En aucun cas, la banque
française n’a prévu de fermeture, car «l’agence garde un rôle clé dans notre service modèle».

Un changement d’habitude confirmé

La banque coopérative  Raiffeisen  confirme les changements d’habitude de la clientèle. Si les agences sont «de moins en moins sollicitées pour les opérations journalières, elles gardent toute leur importance dans le domaine du conseil», dit-elle. Elle n’hésite pas à ouvrir des agences là où l’activité est «élevée».

À la BIL, on joue la carte de la complémentarité entre l’accueil, le service en agence et le digital. «Nous pouvons ainsi combiner le conseil spécialisé, avec un niveau de qualité à la hauteur des exigences, tout en offrant des moyens digitaux qui rendent la banque accessible tout le temps et partout», souligne-t-elle. Idem chez ING où l’on répond que «le direct banking vient en complément du réseau d’agences. Pour ce qui demande plus d’expertise, comme le conseil, les agences sont toujours à la disposition de nos clients.»

La banque en ligne n’est donc pas perçue comme un danger. Elle est vue comme une évolution naturelle.
Pour l’ABBL, «cette évolution nous semble être la suite logique d’une série d’innovations» comme par exemple internet et la téléphonie mobile.

D’après Laurent Mertz, secrétaire général de l’ALEBA, «le web-banking est une évolution naturelle». Il considère, en outre, que les entreprises doivent donner les moyens aux salariés de se former à d’autres métiers.

 

Source: Le Quotidien, jeudi 22 octobre 2015