J.P. Morgan lâche du lest

Au départ, la direction de la banque américaine souhaitait supprimer 105postes sur les 475 que compte l’entreprise. Le nombre de salariés concernés par le plan social a pu être diminué «principalement grâce à des redéploiements en interne», ont indiqué hier les trois syndicats dans leur communiqué commun.

Après 15 jours de négociations qui se sont déroulées « dans une ambiance constructive et dans un respect mutuel », selon Vincent Jacquet, secrétaire général adjoint du LCGB, syndicat majoritaire dans l’établissement financier, la direction de J.P. Morgan Bank Luxembourg et les syndicats LCGB-SESF, l’ALEBA et l’OGBL-SBA ont trouvé un accord sur les modalités d’un plan social. Il avait été annoncé le 27 septembre de manière brutale aux représentants du personnel lors d’une réunion éclair.

Après avoir déjà connu un plan social en juillet 2009 visant au final 33  personnes, la banque américaine installée à Senningerberg, qui emploie 475  personnes, voulait supprimer 105  postes. Elle invoquait la délocalisation des activités de comptabilité des fonds d’investissement (Fund Accounting) vers Édimbourg et des activités d’agent de transfert (Transfer Agency) vers l’Inde.

Au final, un « maximum de 93  personnes » seront touchées par le plan social signé hier en fin d’après-midi. Contacté par Le Quotidien hier soir, Vincent Jacquet a affirmé que le nombre de salariés concernés par ce plan a été diminué grâce à des « mobilités en interne ».

Les efforts syndicaux se poursuivront

«Des efforts se poursuivront dans les semaines à venir pour essayer de diminuer encore ce nombre», ont assuré les trois syndicats du secteur bancaire dans un communiqué commun. Dans le cadre du plan, ces derniers et les représentants du personnel ont pu obtenir diverses mesures d’accompagnement sociales et financières «en faveur des salariés qui seront licenciés». Il s’agit, entre autres «des indemnités extralégales liées à l’âge et à l’ancienneté du salarié, d’une indemnité liée à la situation familiale du salarié, des possibilités de préavis prolongés pour les salariés n’ayant pas retrouvé de travail au terme du préavis légal» ainsi qu’un «budget permettant de réaliser de la formation ou un outplacement», c’est-à-dire un reclassement externe.

Fin septembre, la place financière luxembourgeoise avait connu une autre annonce de plan social. Là c’était la banque suisse UBS, installée au Kirchberg et qui compte 438 salariés, qui était concernée. Elle voulait supprimer 60 postes en raison d’une délocalisation d’une branche de la filiale luxembourgeoise vers la Pologne. Finalement, quatre emplois ont pu être sauvés. À l’époque, les syndicats avaient annoncé que la banque essayerait «de réduire ce nombre en proposant la préretraite anticipée, des mutations internes ou des mutations au sein du groupe».

Quotidien, 20 octobre 2016