Faux cadres et plans sociaux: l’Aleba met en garde

Le syndicat fait état de «tensions» au sein des établissements bancaires

Luxembourg. A l’approche de la fête du travail du 1er mai, l’Aleba a tenu à faire le point sur la problématique des plans sociaux et des faux cadres sur la place financière. «Autant les résultats au niveau de la place financière et des établissements de crédits sont bons, avec une reprise de l’activité spécialement sur les troisième et quatrième trimestres, autant sur le plan des suppressions d’emplois et des licenciements économiques, les six derniers mois ont été particulièrement difficiles», a commenté le secrétaire général Laurent Mertz. D’après ses calculs, quelque 350 personnes ont été licenciées au niveau des établissements de crédits de la place financière au cours des six derniers mois, «ce qui est tout de même important».

Dans ce contexte, «la philosophie du code du travail doit toujours être respectée». «Cela devient dans un certain nombre de cas difficile. D’autre part, nous souhaitons très fortement que les employeurs soient conscients de la responsabilité sociale qui est la leur à un moment donné», a ajouté Laurent Mertz. «Cette responsabilité sociale n’est pas clairement encadrée par la loi. On voit que les employeurs jouent sur ce terrain-là», a regretté pour sa part Alessandra Giuliano, responsable de la coordination au sein de l’organisation syndicale.

La problématique des «faux cadres» demeure un sujet «bouillant» au niveau de la place financière, «parce qu’il crée au sein des entreprises un certain nombre de tensions», a indiqué Laurent Mertz. Pour être identifié comme cadre hors convention collective, il y a quatre conditions qui sont cumulatives: un large pouvoir de direction, pas de pointage, une organisation du travail ou une autonomie importante et surtout une rémunération qui est nettement au-dessus des seuils des barèmes prévus dans la convention collective.

Dans un certain nombre d’entreprises, il arrive parfois que pour l’attribution d’un véhicule de société, l’employeur va passer le salarié hors convention, ce qui peut paraître agréable au départ, sauf que cela entraîne aussi le non- paiement des heures supplémentaires. «Cela devient donc as- sez rapidement problématique». L’Aleba a donc lancé une mise en garde très ferme à tous les employeurs sur cette problématique.

«Ceux qui ne respectent pas les conditions qui sont fixées par le contrat collectif et par la loi en termes de conditions d’accès à la fonction de cadre, nous les poursuivrons en justice». L’Aleba le fait déjà actuellement, puisqu’un certain nombre de dossiers se trouve déjà devant les tribunaux, d’autres sont en cours de négociations. Les affaires judiciaires concerneraient quelques 13 salariés et cinq établissements de crédit de la place financière. ndp

Article de Nadia Di Pillo paru le 26/04/2017 sur wort.lu