Discours du 1er Mai du Président de l’ALEBA, Roberto Scolati

newsz1Mes chèr(e)s collègues,

Au nom de l’ALEBA, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée des travailleurs.

Ce 1er mai marque la journée internationale des travailleurs. Cette date n’a pas été choisie au hasard. En 1886, en ce premier jour de mai, des émeutes éclatèrent à Chicago pour réclamer une journée de travail à 8h. Il faudra attendre le lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour que le 1er mai devienne un jour férié et porte le nom de fête du travail.

De nos jours, enfin plutôt depuis quelques années, certains ont pris le mot « fête » au pied de la lettre. Ils investissent un lieu de culture bien connu des luxembourgeois pendant toute une journée tandis que les autres clament leurs revendications en fête, de manière plus modeste dans une ville qui leur est acquise.

A l’ALEBA, nous n’avons pas la même conception de ce jour particulier. Nous lui donnons une dimension particulière. Nous pensons avant tout aux salariés. Qu’ils traversent des difficultés ou non, ils savent que nous sommes à leurs côtés. Ils savent qu’ils peuvent compter sur l’expertise et le professionnalisme de nos équipes. Nous sommes leur meilleur défenseur. Nos plus de 13 000 membres le savent depuis longtemps : pour nous, leur emploi et plus généralement le Travail se situe au cœur de nos préoccupations.

Chaque jour, nous travaillons d’arrache- pied pour les 44 239 personnes qui constituent le moteur de la Place financière. Nos équipes compétentes et professionnelles savent à quel point les salariés sont de plus en plus exposés aux divers maux engendrés par une ambiance de travail parfois malsaine. Les travailleurs font face parfois seuls aux licenciements, aux plans sociaux et aux restructurations. La fin du secret bancaire n’arrange rien. Les maisons-mères toutes puissantes continueront à fermer leurs succursales. Comme d’autres pays, le Luxembourg ne sera pas épargné, croyez-moi.

Vous le savez aussi bien que moi, notre Place financière est en constante évolution. Nous devons nous adapter sans cesse et nous le faisons car nous n’avons pas le choix. Rassurez-vous chèr(e)s collègues, nous sommes les capitaines d’un bateau solide affrontant les flots démesurés d’une mer déchaînée. Nous tenons bon la barre comme nous l’avons fait par le passé. L’ALEBA force syndicale solide comme un roc, mature compte plus que jamais rester politiquement indépendante. Et elle le sera. Je vous le promets.

Aujourd’hui, je le disais plus tôt, nous célébrons le travail. Une phrase de Victor Hugo me revient en mémoire : «le travail ne peut être une loi sans un droit». Oui chèr(e)s collègues, nous croyons fortement qu’au Luxembourg les travailleurs doivent être protégés contre les abus du patronat par la loi. Nous sommes fortement convaincus que chacun sur notre territoire doit avoir le droit de travailler et de toucher un salaire décent.

J’affirme cela haut et fort car il est inadmissible d’entendre ou de lire dans les journaux qu’un salarié sur dix vit en risque de pauvreté. Vous avez bien entendu, un sur dix ! Il est inacceptable de constater encore de nos jours que l’on ne peut vivre correctement grâce au fruit de son labeur.

Nous refusons de voir le Luxembourg en tête des pays ayant le plus de salariés risquant de tomber sous le seuil de pauvreté. Un travail de qualité doit être rémunéré à sa juste valeur. C’est pour cela que nous demandons une hausse du salaire social minimum.

Il est inadmissible de continuer à vivre dans un paradoxe. Le taux de chômage se stabilise à 7% alors que selon les statistiques officielles, il y a encore un nombre élevé de postes non-pourvus. Le nombre de chômeur est en constante augmentation depuis 2006 malgré une croissance de l’emploi. Le taux de chômage est jeunes est préoccupant. Il est de 18,8% selon le Statec. Il a progressé de 35 % en 30 ans. Nos jeunes sont-ils indéfiniment condamnés à connaître le chômage à la sortie de l’école ? N’est-il pas temps de réagir avant que le phénomène ne devienne encore plus grave ? Ne serait-il pas plus judicieux de mettre en place une éducation de qualité ? Et d’encourager les talents de demain ?

Nous l’avons affirmé par le passé et je le répète encore une fois devant vous : notre jeunesse, les salariés de demain, mérite une meilleure éducation. Elle ne doit en aucun cas être bradée. Le Luxembourg et j’insiste sur ce point a besoin de futurs diplômés qualifiés et compétents. Les jeunes sont l’avenir de notre pays, il n’y a pas de doute. Ils doivent persévérer dans leur apprentissage car la connaissance est une richesse à la valeur inestimable.

Je terminerai ce discours en affirmant une fois de plus mes chèr(e)s collègues que l’ALEBA restera vigilante à la situation sociale de notre pays. Elle saura s’exprimer avec justesse sur les sujets qui touchent directement les salariés.

Roberto Scolati
Président de l’ALEBA

1er mai 2015