COVID-19 : prise de position de l’ALEBA, entre soutien aux salariés et invitation à la responsabilité des entreprises et du Gouvernement

Chers membres de l’ALEBA,

Chers salariés du Secteur financier ou d’ailleurs,

 

Le Grand-Duché de Luxembourg connaît, à l’image du monde, une crise sanitaire absolument inédite.

Notre première pensée est pour chacun d’entre vous, et pour vos proches : plus que jamais, prenez grand soin de vous ! Et si les épreuves vous accablent, et notamment la disparition d’êtres chers, puissiez-vous trouver la force et le courage de vous relever.

Nous pensons et voulons ensuite remercier tout le personnel des soins de santé, de même que tous les salariés toujours au poste de par le caractère essentiel de leur fonction. Quel extraordinaire dévouement !

L’heure n’est pas à la polémique, à la spéculation, ou à l’individualisme. L’heure est à votre sécurité, à la solidarité, à l’entraide, et au respect strict des consignes sanitaires via une discipline comportementale, individuelle ou collective, sans faille, du côté des employés bien entendu, mais également du côté des employeurs.

Salariés résidents ou travailleurs frontaliers, suivez scrupuleusement les recommandations de votre Gouvernement, et notamment la limitation au maximum de vos déplacements non essentiels, celles de votre employeur, sans oublier votre bon sens.

Il nous semble également important de rappeler combien les masques de protection sont nécessaires aux professionnels de la santé : l’ALEBA demande donc aux entreprises, là où ceux-ci ne sont plus utilisés, là où le télétravail est désormais bien en place, de remettre sans tarder, ces stocks de masques et de désinfectants aux hôpitaux. 

Responsabilité des entreprises et du Gouvernement

A l’heure actuelle, à l’instar de la recommandation de la CSSF de ce 22 mars, nous demandons à toutes les entreprises de ne plus laisser que le strict minimum de personnel sur site, là où c’est vraiment critique et vital.

Dans tous les autres cas de figures, le travail depuis le domicile doit être mis en place. Si celui-ci n’est pas possible, vous devez disposer de moyens de protection efficaces, surtout si vous êtes en contact avec le public. Si le respect du droit du travail prévaut, et que chacun ne peut choisir de travailler à la maison ou sur site, il ne peut être question de courir des risques inutiles du fait de l’employeur.

Si vous pensez néanmoins que c’est votre cas, contactez-nous sans tarder.

A côté de l’incommensurable drame humanitaire qui se joue, chaque entreprise doit aujourd’hui être consciente et assumer sa responsabilité sociale.

Nous leur lançons donc un appel solennel : les contrats de travail en cours doivent être continués, toute idée de licenciement économique doit être exclue, en recourant le cas échéant, lorsque nécessaire, au chômage partiel. Il ne peut en effet être question de créer une crise sociale à la suite de la crise sanitaire ! 

Notre engagement est d’être tout particulièrement attentifs sur ces points, tout en demandant en parallèle que l’Etat légifère plus fermement.

L’état de crise voté par la Chambre permet au Gouvernement d’agir rapidement, et l’ALEBA demande donc sans attendre une interdiction des licenciements économiques.

L’ALEBA considère également que le Gouvernement doit mettre en place des mesures rapides et appropriées d’aide aux entreprises.

Il doit aussi veiller, comme c’est heureusement déjà le cas avec la France et la Belgique, que les jours de télétravail des frontaliers allemands ne soient également pas limités, et que ces salariés ne soient encore fiscalement sanctionnés.

Au-delà de ces mesures exceptionnelles, nous demandons aussi aux entreprises de respecter les éléments de base du droit du travail : pas de modification unilatérale du contrat de travail en défaveur des salariés, ou d’obligation de prendre des jours de congés, ou l’absence de respect du droit au repos, par exemple.

Alors même que les salariés sont au cœur des processus qui soutiennent la continuation des activités dans les entreprises, pareils agissements seraient autant de signaux que l’ALEBA n’acceptera pas et dénoncera.

Et après ?

Passé le temps de la crise, une réflexion profonde sur les fonctionnements de nos économies devra voir le jour. C’est essentiel.

Depuis des années l’ALEBA réclame une meilleure valorisation de ce que certains appellent parfois les « petits métiers », en particulier dans la finance : agents d’accueil, au courrier, à la configuration de vos mobiles et laptops, etc. Aujourd’hui ce sont eux qui sont encore sur le terrain, notamment pour accueillir la clientèle et permettre la continuité des activités !

Il ne peut pour nous plus être question qu’ils ne soient pas désormais reconnus comme il se doit.

De même, les délocalisations aux confins du globe, basées sur de seuls arguments économiques, ne peuvent plus. Ces sacrifices d’emplois au Grand-Duché de Luxembourg, ou à proximité dans le seul but d’abreuver de dividendes des actionnaires déjà repus, ne sont plus acceptables. Le travail doit être réalisé là où il est demandé. Stop à l’outsourcing à outrance, et notamment vers l’Asie ou l’Europe de l’Est !

Enfin, une seule course effrénée au profit ne peut plus avoir lieu. Une économie davantage responsable, davantage juste, plus écologique et plus réfléchie, doit succéder à celle que nous avons connue et que la réalité vient aujourd’hui recaler.

Toujours à vos côtés !

A l’ALEBA, la protection de la santé et de la sécurité de nos salariés est évidemment primordiale.

C’est pourquoi, si nous restons ouverts, c’est dans un mode un peu différent puisque tous nos salariés travaillent désormais en télétravail depuis leur domicile.

Ils demeurent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions, et pour partager les meilleurs pratiques, par email ou par téléphone. En cas d’urgence absolue un rendez-vous demeure possible.

Une FAQ est également quotidiennement mise à jour, et vous y trouverez probablement les informations que vous cherchez. Si tel n’est pas le cas, vous pouvez nous contacter via coordination@aleba.lu.

Ce mode de fonctionnement pourrait occasionner un léger retard sur les opérations non urgentes, et nous vous remercions d’avance pour votre compréhension si vous deviez être concerné.

Chers membres, chers salariés du Secteur financier ou d’ailleurs, en ces temps si durs prenez grand soin de vous et des gens que vous aimez.

Une nouvelle ère du travail s’annonce, avec des défis et des inconnues.

Nous allons les affronter ensemble, et c’est ensemble également que nous les surmonteront, en veillant toujours à la préservation de vos emplois, de vos droits et de vos intérêts.

 

A très bientôt,

 

Laurent Mertz                                                              Roberto Mendolia

Secrétaire Général                                                      Président