ALEBA : triste jour pour la liberté syndicale au Grand-Duché de Luxembourg

L’ALEBA a été informée le vendredi 5 mars de la décision du Ministre du Travail Dan Kersch de lui retirer sa représentativité sectorielle sur demande (novembre 2020) de l’Ogbl et du Lcgb, portant sur des faits pourtant connus depuis près de deux ans, c’est-à-dire la prétendue non-représentativité sectorielle de l’ALEBA.

Bien entendu, comme elle l’a déjà fait dans le passé, l’ALEBA entame dès aujourd’hui les démarches au niveau national et international pour que cette légitime représentativité lui soit reconnue et rétablie. En effet, Il ne peut être question que sur base d’une loi discriminatoire, les seuls syndicats nationaux – qui ne réunissent que 26 % des suffrages dans les entreprises – puissent se prévaloir de représenter tous les salariés du secteur financier, ou exclure le premier syndicat de la Place financière. De même l’ALEBA rappelle qu’elle dispose de 4 sièges sur 8 dans le Groupe représentant le secteur financier à la Chambre des Salariés du Luxembourg.

source ITM

L’ALEBA, qui a fêté ses 100 ans en 2018, est une organisation solide, forte de près de 10.000 membres, indépendante politiquement et financièrement. Son action est exclusivement orientée sur la défense des droits et des intérêts des salariés du secteur financier. La décision du Ministre du Travail, à tout le moins étonnante, n’a pour autant aucun impact sur la capacité de l’ALEBA à continuer à défendre individuellement ses membres et les salariés du secteur, à continuer son travail syndical en entreprises via ses 700 Délégués et à continuer à négocier des plans sociaux ou des conventions collectives dont elle est signataire.

Les syndicats nationaux ont, ces dernières années, tour à tour courtisé l’ALEBA pour qu’elle les rejoigne. L’ALEBA a toujours décliné, considérant que son indépendance était la meilleure garantie d’un travail syndical de qualité pour les salariés du secteur. Chacun pourra apprécier la manœuvre politique de l’Ogbl et du Lcgb, qui n’a d’autre objectif que de monopoliser cet important secteur d’activité du Grand-Duché de Luxembourg où ils ne sont pas majoritaires.

C’est un triste jour pour la liberté syndicale au Grand-Duché de Luxembourg.