01.05.2020 | 1er MAI MASQUÉ, OU FÊTE DU CAPITAL HUMAIN

On célèbre le travail depuis la fin du 18e siècle. Cette « Fête Internationale du Travail », ou Labor Day, telle qu’elle est célébrée de nos jours le 1er mai, trouve son origine dans les combats des mouvements ouvriers pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du 19e siècle.  Hélas si ceux-là qui se sont battus pour ce droit il y a plus de 200 ans venaient aujourd’hui faire un tour dans le Secteur financier à Luxembourg, nous avons coutume de dire qu’ils seraient sans aucun doute horrifiés. Pour nombre de salariés, la journée de huit heures n’est bien souvent qu’un lointain souvenir, si tant est qu’ils l’ont un jour connue. Réduction des effectifs, complexification des tâches, deadlines resserrées, augmentation de la charge de travail individuelle, exigences et objectifs individuels à la hausse, pression de l’employeur, concurrence, peur de l’outsourcing, crainte de perdre son emploi : tout concourt aujourd’hui à prester chaque jour toujours plus d’heures, à rester toujours un peu plus longtemps au bureau, quitte à sacrifier son temps, sa vie de famille ou son temps pour soi. Ce n’est pas acceptable, l’ALEBA lutte chaque jour, contre cela, et la Fête Internationale du Travail doit être l’occasion de s’en souvenir.

Mais cette année le 1er mai a toutefois aussi, malheureusement, une autre saveur, très amère. Un virus sorti de nulle part a en deux mois à peine complètement grippé l’économie mondiale, et luxembourgeoise. Et le 1er mai se célèbre donc cette année… à la maison, masqués. Tout se fait à la maison d’ailleurs, depuis mi-mars. Ce télétravail dont les employeurs voulaient tellement peu hier sauve aujourd’hui tout le secteur financier, en permettant la continuation, pour ainsi dire normale, des activités depuis… le bureau, la chambre ou la cuisine de leurs salariés ! Dans leur grande majorité, les entreprises ont en effet su (avec le soutien des régulateurs), en quelques jours, lever toutes les barrières, techniques ou réglementaires, trouver les budgets et le matériel, et organiser à distance travail et réunions.

De toute évidence le monde du travail de demain sera différent de celui d’hier. Le travail à distance, et les employeurs devront le concéder, a montré sa valeur et devra, là où il est possible, être davantage promu afin, comme l’ALEBA le demande depuis des années et encore dans son programme électoral 2019-2024, de favoriser un meilleur équilibre vie professionnelle-vie privée. Et bien entendu, très concrètement, cette nouvelle employabilité devra être traduite dans les conventions collectives des banques et des compagnies d’assurance, dont les négociations pour les renouvellements débuteront fin 2020.

Face au COVID-19, le plus beau capital sauve indéniablement les entreprises du secteur financier luxembourgeois, le capital humain. Bravo à tous les salariés du secteur pour leur investissement, leur courage et cette formidable leçon de responsabilité donnée aux employeurs.

Bonne Fête Internationale du Travail à toutes et à tous !

Prenez grand soin de vous et de vos proches !

Laurent Mertz

Secrétaire Général