Après les élections du 7 juin passé, les délégations des partis PCS et POSL ont entamé des négociations de coalition en vue de constituer le nouveau gouvernement, qui a été assermenté le 23 juillet.
Dans les revendications de l'ALEBA, syndicat le plus important du secteur financier, adressées au nouveau gouvernement, il y va primordialement de la défense des intérêts des employés de la place.
Ainsi, figurent en tête de la liste des priorités aussi bien le rétablissement inconditionnel du mécanisme d'indexation automatique des salaires, l'adaptation intégrale des barèmes d'impôt à l'inflation et l'abolition de dispositions qui conduisent à la précarité des relations contractuelles telles que, à titre d'exemple l'arrêt des relations de travail après une période de maladie de 52 semaines. L'ALEBA refuse la mise en place du système de flexicurity, tel que revendiqué par le patronat et proposé par la Commission Européenne. Cette plate-forme vise la dérégulation complète du droit du travail et la flexibilisation à outrance de l'embauche et du licenciement du personnel. Elle procure aux salariés une sécurité apparente de réintégration en cas de perte d'emploi et l'obligation d'accepter tout emploi respectivement apprentissage pour ne pas perdre le droit au chômage.
L'ALEBA est d'avis que la phase de turbulences économiques que nous vivons actuellement est à saisir pour repenser certaines dispositions du droit du travail en vue de les adapter en faveur des salariés de sorte à garantir une protection efficace et durable de leurs intérêts. En effet, la jurisprudence de droit du travail durant les décennies de conjoncture florissante a évoluée de manière à ne plus assurer de protection adéquate des salariés en période de stagnation, voire de récession économique, de sorte à ce qu'un débat fondamental s'impose rapidement.
L'ALEBA exige d'introduire une protection efficace, notamment de nature financière des employés lors de licenciements pour raisons économiques individuels et collectifs et de fermetures. Le mauvais exemple de la liquidation de la banque islandaise Landsbanki, toujours en cours, ne devra plus jamais se reproduire. Perdre sa place et ses revenus auprès d'une entreprise commerciale lors d'une faillite est une situation très grave, mais perdre sa place, ses revenus et tout son patrimoine dans le cadre d'une mise en liquidation d'une banque, est dramatique ! Abandonnées par une procédure de liquidation sans scrupules et laissées en plan par un environnement d'instances non préparées à ces circonstances, les employés de la Landsbanki et leurs familles sont en train de passer une période très difficile. Parmi les nombreuses démarches pour aider le personnel en cause, l'ALEBA vient de décider d'épuiser tout moyen de droit pour obtenir gain de cause dans l'affaire Landsbanki et d'entamer la procédure de cassation contre les jugements intervenus jusqu'à présent.
La crise financière internationale est le produit d'une école anglosaxonne cherchant la multiplication rapide des profits et construite sur un capitalisme cupide, générateur de marchés illusoires, totalement déréglementés et irréalistes et composés de produits fantaisistes et ténébreux.
Les décideurs politiques ont leur part de responsabilité dans l'évolution de ces criminalités économiques. Peut-être inconsciemment, mais ils ne sauront pas se soustraire à l'obligation de présenter la facture des dégâts et de la remettre aux vrais auteurs. L'ALEBA n'acceptera pas que cette facture soit intégralement mise en charge des salariés, et que les initiateurs de la débâcle s'en sortent indemnes et confortablement remerciés.
La tactique de diversion des organisations patronales, plus proches encore des décideurs économiques, consistant à abuser de la crise pour exiger davantage de sacrifi ces aux salariés, que ce soit au niveau des conventions collectives, de la fi scalité ou de la sécurité sociale, ne sera pas tolérée par l'ALEBA.