Rapport annuel 2010

Editorial:

Après l’échec des négociations en tripartite, le Premier Ministre Jean-Claude Juncker a présenté, lors de sa déclaration sur l’Etat de la Nation le 5 mai passé, le programme d’austérité du gouvernement. Un ramassis de mesures non coordonnées à caractère définitif.
L’ALEBA rejette ces mesures, parce qu’elles se font unilatéralement au détriment des salariés.
Cela est particulièrement vrai pour les mesures fiscales, à payer en grande partie par les ménages privés (210 millions d’€, selon l’hebdomadaire d’Lëtzebuerger Land) et pour une part tout à fait dérisoire par les entreprises (12 millions d’€). Il s’agit ici e.a. de la réduction draconienne de l’abattement pour frais de déplacement, de l’introduction d’un impôt de crise, ainsi que de l’augmentation de l’impôt de solidarité. S’y ajoutent la non-adaptation du barème de l’impôt à l’inflation jusqu’à 2014, le report de l’ajustement des pensions, la réforme des aides financières aux étudiants qui frappe surtout les frontaliers et les résidents à revenu modeste, ainsi que le report du bénéfice du forfait d’éducation (« Mammerent »).
Pour exprimer sa solidarité avec les salariés concernés, l’ALEBA se rallie à la grande manifestation du 16 septembre 2010 à Luxembourg-Ville et lance un appel à ses membres et sympathisants d’y participer nombreux.
Personne ne doit se faire des illusions, ce programme d’austérité n’est pas encore clos!
De nouvelles détériorations sont prévues, probablement déjà en automne, dans le cadre des pensions et du système de la santé! Les organisations patronales, la Banque Centrale et le Fonds Monétaire International font pression sur le gouvernement depuis des années afin de procéder à des  » réformes structurelles « , se traduisant par des dégradations pour les assurés.
L’index lui non plus n’est pas encore sauvé, même si passagèrement une nouvelle manipulation a été évitée.
Vu le très bon état des finances publiques par rapport au niveau international, l’ALEBA ne voit pas l’opportunité d’introduire des mesures d’austérité au détriment des salariés. Les salariés portent de toute façon le fardeau de la crise, e.a. par l’aggravation des conditions de travail et le chômage.
L’ALEBA ne partage pas non plus l’appréciation, que l’économie luxembourgeoise souffrirait d’une diminution de compétitivité.
Le faible niveau d’imposition des bénéfices des entreprises, qui est sans pareil au niveau européen, offre des potentialités énormes d’assainissement des finances publiques, tout comme le recouvrement des arriérés d’impôts dûs par les entreprises.
La participation financière des entreprises aux allocations familiales, ainsi qu’à l’assurance dépendance seraient d’autres sources de revenus et s’inscriraient aussi dans l’optique d’une « solidarité nationale » plus que justifiée.
Fin juillet, le patronat a livré l’exemple de ce que la solidarité signifie vraiment pour lui, menaçant d’annuler sa participation à la quadripartite, de geler sa contribution au niveau actuel et de mettre donc fin au principe de la solidarité!
Des provocations similaires, il s’agit en effet de provocations quand le patronat menace d’annuler sa contribution à la caisse de maladie, ont été prononcées les derniers mois par le nouveau président de l’ABBL, Ernst-Wilhelm Contzen.
En plus, quand ce dernier demande un gel des salaires, ce qui d’après ses thèses équivaut à une réduction des salaires de 4,3%!
Pour l’ALEBA, de telles revendications sont totalement irresponsables et inacceptables.
Les banques de la place ont affiché de très bons résultats les derniers mois et aussi bien la Banque Centrale que la Commission de Surveillance CSSF ont certifié aux banques de très bons résultats pour l’exercice 2009.
Comme la place financière gagne de nouveau de l’argent, il va de soi que cela doit aussi se répercuter dans les rémunérations.
D’autre part, il est inacceptable que Monsieur Contzen compare les coûts salariaux excessifs du Luxembourg avec les centres financiers tels que Singapour et Hong Kong.
De telles affirmations, tout comme la façon dont certaines banques traitent leurs salariés, font apparaître un esprit provocateur qui s’inscrit parfaitement dans une tendance générale d’attaquer les acquis sociaux.
Un exemple récent, est la HSH Nordbank Luxembourg, où les négociations pour un plan social pour 74 salariés ont échoué, parce que la direction voulait imposer e.a. des garanties tout à fait insuffisantes, ainsi que des indemnités financières nettement inférieures à la norme appliquée généralement sur la place financière. Ceci est autant plus répréhensible, que la HSH, en dépit de pertes de milliards d’euros dues à la spéculation, et en présence d’aides étatiques de plusieurs milliards d’euros, n’a pas hésité à payer plusieurs millions d’€ en primes à des collaborateurs « méritants ». Les salariés qui « ont travaillé surtout sur les questions de restructuration » ont été particulièrement gratifiés, a affirmé le chef du personnel du siège à Hambourg.
Malgré cet environnement provocateur et toutes les manœuvres de diversion en cours, l’ALEBA essayera de continuer à représenter le mieux possible les intérêts de tous les salariés lors des négociations à venir pour un nouveau contrat collectif de travail. Pour ce faire, elle compte également sur l’appui de ses membres et sympathisants!
Marc GLESENER
Président
RAPPORT 2010

RAPPORT 2010